Pourquoi certains pays roulent à gauche : une histoire de chevaux et de sabres

BLUF : Près d’un tiers des pays du monde, dont le Royaume-Uni, le Japon et l’Australie, conduisent à gauche. Cette pratique trouve son origine bien avant l’invention de l’automobile, dans des usages liés à l’équitation, au maniement des armes et à des choix politiques ultérieurs largement influencés par la colonisation.

Une origine antérieure à l’automobile #

La question du côté de la route emprunté par les véhicules ne s’est pas posée avec l’apparition de l’automobile, mais bien avant, à l’époque où les déplacements terrestres reposaient principalement sur le cheval. Les historiens font remonter cette convention à des considérations pratiques liées à l’équitation et, pour certains, au maniement des armes.

L’hypothèse du cavalier droitier #

Une des explications les plus couramment avancées par les historiens repose sur la prédominance des cavaliers droitiers. En se déplaçant sur le côté gauche de la route, un cavalier droitier gardait sa main dominante, et donc son éventuelle épée, du côté extérieur, face aux cavaliers croisés en sens inverse, une posture jugée plus avantageuse en cas de confrontation imprévue sur la route.

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Le basculement vers la droite dans certains pays #

Plusieurs pays ont progressivement basculé vers une circulation à droite, notamment sous l’influence de pratiques liées au transport de marchandises par grands attelages, où le conducteur, positionné sur le cheval de gauche pour mieux manier son fouet de la main droite, avait davantage de visibilité en circulant à droite de la route. Cette évolution s’est ensuite diffusée et imposée plus largement dans plusieurs régions du monde au fil des siècles suivants.

L’influence décisive de la colonisation #

Au-delà de ces origines pratiques anciennes, c’est surtout l’histoire coloniale qui a fixé durablement le sens de circulation dans une grande partie du monde. Les territoires colonisés ont généralement adopté la convention de circulation de la puissance coloniale dominante, expliquant pourquoi de nombreuses anciennes colonies britanniques, de l’Inde à l’Australie en passant par certains pays d’Afrique, ont conservé la conduite à gauche encore aujourd’hui, bien après leur indépendance.

Une convention coûteuse à inverser #

Une fois la conduite à gauche ou à droite solidement ancrée dans les infrastructures et les habitudes d’un pays, sa modification représente un coût économique et logistique considérable, impliquant la refonte de l’ensemble des panneaux de signalisation, des infrastructures routières et, dans une certaine mesure, des véhicules eux-mêmes. Quelques pays ont néanmoins procédé à un tel basculement au cours du 20e siècle, généralement pour des raisons d’harmonisation avec leurs voisins frontaliers directs.

Une divergence mondiale toujours active #

Aujourd’hui encore, environ un tiers des pays du monde maintiennent une circulation à gauche, créant une véritable mosaïque mondiale qui complique parfois la conception de véhicules destinés à l’exportation internationale, contraints d’adapter la position du volant et de certains équipements selon le marché de destination visé.

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À retenir

Le sens de circulation d’un pays, loin d’être un choix arbitraire récent, hérite d’une longue histoire mêlant équitation, maniement des armes et héritage colonial. Une convention si profondément ancrée dans les infrastructures qu’elle continue, plusieurs siècles après ses origines, à structurer la conception même des véhicules automobiles contemporains.

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