Les illusions d’optique que les designers automobiles utilisent volontairement

BLUF : Le design automobile s’appuie largement sur des principes d’illusion d’optique pour influencer la perception d’un véhicule : lignes de carrosserie destinées à suggérer la vitesse ou la légèreté, proportions étudiées pour paraître plus larges ou plus compactes, jeux d’ombre travaillés pour masquer ou accentuer certains volumes. Des techniques empruntées en partie aux arts visuels classiques.

Une carrosserie pensée pour tromper l’œil #

Au-delà de leur fonction aérodynamique, les lignes de carrosserie d’un véhicule sont également pensées par les designers pour produire des effets visuels précis sur la perception du spectateur. Une ligne légèrement descendante vers l’arrière peut ainsi suggérer une impression de mouvement et de dynamisme, même lorsque le véhicule est totalement immobile, exploitant un principe d’illusion de mouvement bien connu en arts visuels.

Jouer sur la perception de la largeur #

De nombreux designers automobiles travaillent délibérément des lignes horizontales marquées sur les flancs ou le capot d’un véhicule pour accentuer visuellement sa largeur perçue, un effet d’illusion d’optique exploité de longue date en architecture et en mode vestimentaire. À l’inverse, des lignes verticales ou des découpes plus marquées peuvent être utilisées pour donner une impression de hauteur ou de compacité selon l’effet recherché par le constructeur.

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Les jeux d’ombre, un outil de sculpture visuelle #

Les designers automobiles travaillent également avec une grande précision les jeux d’ombre naturels créés par les reliefs de la carrosserie, en particulier au niveau des passages de roue, des bas de caisse ou des montants de toit. Ces zones d’ombre volontairement accentuées contribuent à donner une impression de sculpture, de profondeur et de musculature au véhicule, renforçant sa perception de puissance même à l’arrêt.

Réduire visuellement le poids perçu #

Pour donner une impression de légèreté à un véhicule pourtant massif, certains designers exploitent des techniques de réduction visuelle du volume apparent : pavillon plus sombre que la carrosserie pour donner une impression de toit flottant, bas de caisse foncé pour faire paraître le véhicule plus proche du sol, ou encore jantes surdimensionnées créant un effet d’optique réduisant proportionnellement la masse visuelle de la carrosserie environnante.

Une discipline héritée des arts visuels classiques #

Nombre de ces principes ne sont pas propres à l’automobile : ils s’inspirent directement de techniques utilisées de longue date en peinture, en architecture et en mode vestimentaire pour influencer la perception des volumes et des proportions par l’œil humain. Les écoles de design automobile intègrent d’ailleurs régulièrement des enseignements issus de ces disciplines visuelles plus anciennes dans la formation de leurs étudiants.

Des tests de perception avant la production #

Avant la validation finale d’un design, de nombreux constructeurs réalisent des tests de perception auprès de panels de consommateurs, confrontés à différentes variantes stylistiques d’un même véhicule, afin de vérifier que les effets d’illusion recherchés, dynamisme, largeur perçue, légèreté visuelle, produisent bien l’impression escomptée avant le lancement commercial définitif.

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À retenir

Derrière l’apparence d’un véhicule se cache un travail minutieux d’illusion d’optique, largement hérité des arts visuels classiques, destiné à influencer subtilement la perception du spectateur sur la vitesse, la puissance, la largeur ou la légèreté supposées du véhicule. Une discipline à part entière, aussi rigoureuse que l’ingénierie mécanique elle-même.

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