Un choc pétrolier comme déclencheur #
En 1973, le premier choc pétrolier provoque une hausse spectaculaire et brutale du prix du carburant à l’échelle mondiale, contraignant de nombreux ménages à repenser leurs habitudes de déplacement automobile. Dans ce contexte de crise énergétique, plusieurs gouvernements occidentaux lancent des campagnes officielles encourageant le partage de véhicule entre collègues ou voisins effectuant un trajet similaire, une pratique alors désignée sous diverses appellations selon les pays.
Des dispositifs organisés avant l’ère numérique #
Dès cette époque, certaines entreprises et collectivités locales mettent en place des panneaux d’affichage physiques dans les lieux de travail, permettant aux salariés de proposer ou de rechercher un trajet partagé pour se rendre au bureau. Ces dispositifs rudimentaires, sans aucune technologie numérique, préfigurent directement les plateformes de mise en relation que l’on connaît aujourd’hui, mais reposent entièrement sur une organisation locale et manuelle.
Une pratique qui décline avec la baisse des prix #
Une fois la crise pétrolière des années 1970 résorbée et les prix du carburant stabilisés, l’intérêt collectif pour le covoiturage organisé décline progressivement durant les décennies suivantes, la pratique se maintenant principalement de façon informelle, entre proches ou collègues, sans dispositif structuré à grande échelle.
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Le retour du covoiturage à l’ère numérique #
Ce n’est qu’avec la démocratisation d’internet, puis des smartphones, que le covoiturage connaît un second essor majeur, porté cette fois par des plateformes numériques capables de mettre en relation, à grande échelle et en temps réel, des conducteurs et des passagers ne se connaissant pas préalablement. Cette nouvelle génération de covoiturage, structurée autour d’avis utilisateurs et de systèmes de paiement intégrés, transforme radicalement la confiance nécessaire à la pratique, auparavant limitée à des cercles de connaissances directes.
Une motivation qui a évolué avec le temps #
Si le covoiturage des années 1970 répondait avant tout à une contrainte économique immédiate, liée au prix du carburant, sa résurgence contemporaine s’appuie sur une combinaison de motivations plus larges, économiques certes, mais aussi environnementales et sociales, le partage de trajet étant désormais aussi perçu comme un geste de réduction de l’empreinte carbone individuelle et un moyen de rencontre entre usagers partageant un itinéraire commun.
À retenir
Le covoiturage, souvent associé dans l’imaginaire collectif aux applications mobiles des années 2010, trouve en réalité ses racines près de cinquante ans plus tôt, dans le contexte de crise énergétique du premier choc pétrolier. Une pratique cyclique, qui réapparaît à chaque période où le coût ou l’impact du déplacement automobile individuel redevient une préoccupation collective majeure.
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