Le clignotant : l’invention la plus simple et la plus mal utilisée de l’automobile

BLUF : Apparu progressivement dans les années 1930 pour remplacer les signaux manuels à bras, le clignotant est aujourd’hui l’équipement de sécurité le plus simple, le moins coûteux et pourtant le moins systématiquement utilisé par les conducteurs. Plusieurs études de sécurité routière estiment qu’une part significative des changements de direction se fait encore sans signalisation préalable.

Avant le clignotant, le bras par la fenêtre #

Avant la généralisation du clignotant électrique, les conducteurs devaient signaler leurs changements de direction en sortant le bras par la fenêtre, selon un code gestuel précis : bras tendu horizontalement pour indiquer un virage, bras plié vers le haut ou vers le bas selon les conventions locales pour signaler un freinage. Ce système, peu fiable et totalement inopérant par mauvais temps ou dans l’obscurité, a rapidement montré ses limites avec la densification du trafic automobile.

Les premières solutions mécaniques #

Les premiers dispositifs de signalisation mécanique apparaissent dans les années 1900 à 1920 sous forme de petits bras semaphoriques fixés sur les flancs du véhicule, actionnés manuellement par le conducteur depuis l’habitacle. Ces systèmes, plus visibles que le bras tendu par la fenêtre, restaient toutefois peu fiables mécaniquement et difficiles à apercevoir de nuit.

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L’arrivée du clignotant électrique #

C’est dans les années 1930 que le clignotant électrique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, commence à se généraliser sur les véhicules de série, d’abord en option, puis progressivement comme équipement standard. Le principe reste inchangé depuis près d’un siècle : un système de relais électromécanique fait clignoter une ampoule à intervalle régulier, suffisamment lent pour être bien visible, suffisamment rapide pour signaler une urgence de manœuvre.

Le fameux bruit de « tic tac » associé au clignotant provient à l’origine du relais mécanique lui-même, dont le claquement régulier servait aussi de signal sonore d’alerte pour le conducteur, lui rappelant que son clignotant était toujours activé.

Une utilisation qui reste perfectible #

Malgré sa simplicité d’usage et son coût quasi nul, le clignotant demeure, selon plusieurs études de sécurité routière menées dans différents pays, l’un des équipements de sécurité les plus négligés par les conducteurs, en particulier sur les ronds-points ou lors de changements de voie sur autoroute. Cette sous-utilisation est régulièrement pointée du doigt comme un facteur contribuant à des collisions évitables.

Vers une signalisation plus intelligente #

Certains constructeurs explorent aujourd’hui des systèmes de clignotants intelligents, capables de s’activer automatiquement en fonction de la trajectoire anticipée par les systèmes d’aide à la conduite, ou intégrant des effets de balayage lumineux séquentiel destinés à améliorer leur visibilité périphérique, notamment de nuit ou par mauvaise visibilité.

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À retenir

Près d’un siècle après sa généralisation, le clignotant reste l’un des dispositifs de sécurité automobile les plus simples et les moins coûteux jamais conçus, et pourtant l’un des plus systématiquement sous-utilisés par les conducteurs. Son usage rigoureux, anticipé suffisamment tôt avant chaque manœuvre, demeure l’un des gestes de sécurité les plus efficaces et les moins exigeants à adopter au volant.

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